Une semaine avec les lunettes connectées Ray-Ban Stories

Ray Ban Stories connectées

J’avais déjà eu l’occasion d’en parler récemment, je pense que les lunettes connectées pourraient être le prochain gros truc en matière de tech, et, au-delà, d’interactions sociales. A tel point que, bien plus que les montres connectées et les assistant vocaux, que l’on a régulièrement présentés à tort comme des “tueuses de smartphone”, les lunettes pourraient bien réussir là ou ces autres appareils ont échoué.

Car elles cochent plusieurs cases qui étaient jusque-là la chasse gardée des smartphones : le côté pratique, personnel voire intime, avec en plus un avantage notoire, celui de la capacité naturelle à capter l’environnement tout en laissant les mains libres. Sans compter évidemment une agilité incomparable liée à la possibilité de voire avec vos yeux, et d’afficher en surimpression sur les verres des données en réalité augmentée.

Avec les Ray-Ban Stories nous n’en sommes pas encore là, mais ces premières versions simplifiées de lunettes connectées nous donnent déjà une impression de ce que sera le futur de ce type d’objet. Disons que sur l’échelle de l’évolution, nous en sommes à peu près où en étaient les premiers smartphones avec capteur photo. Cela nous laisse imaginer la marge d’évolution, et ce que seront les “iPhone 13 Pro” des lunettes connectées dans… 15 ans ?

D’ailleurs, à propos d’iPhone, on sait qu’Apple travaille dur sur ses propres lunettes, et qu’elles risquent déjà de faire très mal quand elle arriveront, probablement en 2023.

Les lunettes intelligentes développées par Facebook en collaboration avec Ray-ban, surprennent tout d’abord en étant des lunettes de soleil normales grâce au remarquable degré d’intégration de la technologie. Mais elles offrent également un nouveau point de vue aux créateurs de contenu social. Découvrons tous les détails.

Contrairement à ce que certains pensaient quand elles ont été annoncées, il ne s’agit pas de lunettes de réalité augmentée. Cela ne doit pas nous conduire à sous-estimer, cependant, un produit qui reste très intéressant : d’élégantes lunettes Ray-Ban, en tous points semblables aux modèles que des millions de personnes portent déjà, mais qui intègrent des caméras, des microphones, des micro-hauts parleurs et bien sûr des batteries, le tout en ne pesant que 5 grammes de plus que les montures originales. Les lunettes qui permettent de prendre des photos, d’enregistrer de courtes vidéos, fonctionnent comme des oreillettes Bluetooth, offrant un nouveau point de vue dans la création de contenu social. Des fonctions simples, mais l’enjeu est de taille : dédouaner l’idée que l’on peut tourner avec des caméras allumées, toujours prêtes à filmer ce qui se passe autour de soi, sans que personne ne rigole.

Ray-Ban Stories, des lunettes qui ressemblent à de vraies lunettes

Facebook et EssilorLuxottica ont réussi à créer des lunettes intelligentes qui ont le poids et la forme de lunettes de soleil ou de lunettes normales. Bien sûr, les branches sont un peu plus épaisses, les montures semblent être en plastique plutôt qu’en acétate, mais à première vue, il est vraiment difficile de voir qu’il s’agit de plus qu’une simple paire de lunettes.

Ray Ban Stories

Les Ray-Ban Stories de Meta sont disponibles en 3 versions, Wayfarer, Round et Meteor. J’ai opté pour les Round avec monture et verre marron dégradé. Je précise que je les ai commandées directement sur le site Ray-Ban, au prix de 329 €, et que je les ai reçues en 2 jours, soit 2 jours de moins que le délai annoncé.. La finition et la construction sont parfaites, de la précision des charnières qui ferment les branches à la façon dont le composant technologique est intégré. Dans le plus pur style Ray-Ban, il est possible de choisir entre des verres de différentes couleurs, des verres polarisants, des lunettes de soleil et des verres correcteurs, avec des solutions qui augmentent progressivement le prix à partir des 329 € initiaux. Les branches plus épaisses se font surtout sentir au moment de mettre les lunettes, paraissant un peu plus étroites que d’habitude, une sensation qui, en réalité, disparaît immédiatement dès qu’on les met.

Ray Ban Stories

Ce n’est qu’en examinant attentivement les lunettes que l’on remarque le petit bouton sur la branche gauche et le bouton d’alimentation caché dans la charnière de la branche droite, ou encore les micro-hauts parleurs intégrés dans les branches elles-mêmes. Une partie de la surface de la tempe gauche (à droite lorsque l’on porte les lunettes) est tactile et fait office de bouton de lecture/pause, de saut de chanson ou de prise d’appel lorsque les lunettes sont associées à un smartphone. À côté de l’appareil photo, sur le côté gauche, se trouve une minuscule LED blanche qui indique quand une photo est prise ou une vidéo est enregistrée par la personne en face de nous. Une autre LED d’état est cachée à l’intérieur des Ray-Ban Stories, à un endroit où vous pouvez voir son signal lumineux du coin de l’œil lorsque vous portez les lunettes. Se cache également dans le cadre un système de trois microphones qui vous permet de passer des appels et d’utiliser des commandes vocales (actuellement limitées à l’anglais) et d’enregistrer des sons en même temps que des films.

Ray Ban Stories led blanche

Deux caméras pour le traitement des images

Il y a deux caméras, avec un capteur de 5 mégapixels, bien que les photos et les vidéos soient en fait prises avec la gauche (la droite lorsqu’elle est portée). Celui de l’autre côté sert d’aide pour les fonctions de traitement d’image de l’application View pour smartphones, notamment celle qui permet d’ajouter un effet 3D appelé Flashback pour le partage sur les réseaux sociaux.

Ray Ban Stories

L’utilisation des deux capteurs permet également d’améliorer la réduction du bruit, le HDR et la stabilisation de l’image, qui est nécessaire pour compenser les mouvements de la tête. Les photos ont une résolution finale de 2592 x 1944 pixels, tandis que les vidéos ont une résolution de 1184 x 1184 pixels. En fait, l’app View, comme nous le verrons dans un instant, vous offre la possibilité d’un recadrage vertical adapté au partage dans les stories Instagram.

A l’intérieur des branches se trouvent la batterie, qui offre une autonomie d’environ 6 heures selon l’utilisation, et une carte basée sur un SoC Qualcomm pas mieux spécifié. La connectivité est uniquement sans fil et est à la fois Bluetooth et Wi-Fi. Le premier est utilisé pour toutes les fonctions d’appairage avec le smartphone, la fonction audio et le contrôle de l’état des lunettes via l’application dédiée. Pour la configuration initiale et les téléchargements de photos et de vidéos, une connectivité Wi-Fi directe entre le smartphone et les lunettes est utilisée pour tirer parti de la bande passante de transmission plus élevée. La mémoire intégrée peut stocker soit environ 500 photos, soit jusqu’à 30 vidéos. Sachant qu’une vidéo de 30 secondes a une taille d’environ 45 Mo, il y a environ 1,5 Gigaoctets de mémoire disponible pour les données de l’utilisateur.

L’étui permet de recharger les lunettes lorsqu’elles ne sont pas utilisées. Il se recharge à son tour via l’USB-C.

Les batteries sont rechargées via l’étui inclus, qui est plus volumineux qu’un étui traditionnel. Il contient une batterie qui permet de recharger complètement les lunettes au moins trois fois sur une seule charge. L’étui lui-même se recharge via la connexion USB-C située à l’arrière de l’étui. Les lunettes sont livrées avec un câble USB-C, mais pas d’adaptateur électrique.

L’application Facebook View au cœur du dispositif

Après quelques minutes et manipulations très faciles de première mise en route, les Ray-Ban Stories sont très simples à utiliser. Une fois allumées, il suffit de maintenir le bouton de l’obturateur enfoncé jusqu’à ce qu’un déclic se produise pour prendre une photo, ou d’appuyer une fois pour commencer à filmer une vidéo de 30 secondes. Une deuxième pression arrête l’enregistrement. Vous pouvez également utiliser les deux commandes vocales “Hé Facebook, prends une photo” ou “prends une vidéo”. Ray-Ban Stories ne comprend actuellement que l’anglais et ne fait pas office d’assistant vocal. L’essentiel des fonctionnalités, de la configuration et des réglages initiaux à la gestion des photos et des vidéos, passe par l’application View pour iOS et Android, pour laquelle – cela ne devrait surprendre personne – un compte Facebook est nécessaire. Ceci est nécessaire afin d’associer les Ray-Ban Stories à votre profil, qui servira de “clé” pour accéder au contenu enregistré via les lunettes, lequel est sauvegardé sur la mémoire intégrée en format crypté. Cela signifie que même si les lunettes sont perdues et trouvées par quelqu’un d’autre, cette personne ne pourra pas accéder aux informations qui y sont stockées.

Les Ray-Ban Stories ne peuvent pas publier automatiquement du contenu sur Facebook ou sur les autres services du groupe, et même les données recueillies ne sont que celles qui sont strictement nécessaires au fonctionnement de l’appareil et des commandes vocales. Il n’est pas possible non plus, en tout cas dans cette première version, de publier des vidéos en direct sur Facebook Live. Peut-être une question de capacité et d’autonomie de la batterie (et d’éventuelle surchauffe) mais surtout probablement pour des raisons de protection de la vie privée. Espérons que cela évolue, car débloquer cette possibilité permettrait de partager en direct des expériences inédites avec un point de vue unique.

En revanche, vous ne pourrez pas vous passer de l’application View, et donc de transmettre encore une blinde de données personnelles à Facebook, ce qui constituera certainement un repoussoir pour certains. Sachez cependant que vous pouvez activer la fonction de téléchargement automatique qui enverra vos photos et vidéos directement dans la pellicule de votre téléphone, via l’app View.

La fonction principale de l’application View est de configurer les lunettes et de télécharger les photos et les vidéos prises. Mais il existe aussi des fonctions de post-production qui permettent de créer les effets 3D précités, mais surtout de réaliser des petits montages de 15 ou 30 secondes à partir des clips enregistrés avec les Stories, à partager comme bon vous semble.

Qualité des photos et des vidéos des Ray-Ban Stories

Les Ray-Ban Stories sont conçues pour capturer des instantanés de votre journée à partager sur les réseaux sociaux, la qualité doit donc être suffisamment bonne pour un visionnage éphémère sur l’écran du smartphone. De ce point de vue, le rendement est plus que correct, surtout dans de bonnes conditions de lumière. Les choses changent cependant lorsque les photos sont ouvertes sur un PC, où les limites en termes de définition et de propreté de l’image apparaissent clairement.

La longueur focale grand angle de l’appareil photo a pour résultat que les sujets que nous cadrons semblent beaucoup plus éloignés que ce que nous voyons avec nos yeux. Du coup, tout semblera beaucoup plus distant et “petit”. Même si nous ne pouvons pas voir ce que nous cadrons exactement, les Ray-Ban Stories ont montré qu’elles savent identifier correctement le sujet et régler automatiquement la mise au point de la bonne manière, probablement aussi avec l’aide du capteur secondaire. Attention aux gros plans, car l’objectif étant dans la lunette droite, ils seront mal cadrés si vous n’en tenez pas compte, comme si vous shootiez avec votre téléphone en le collant à votre tempe droite.

Voici 2 photos de rue brutes, non retouchées, résolution, taille et poids d’origine

Ray Ban Stories

Ray Ban Stories

Pour les vidéos en revanche, la prise de vue subjective fonctionne mieux, notamment grâce à une bonne stabilisation électronique, qui compense efficacement le mouvement de nos corps, mais sans éliminer la spontanéité et la “crudité” d’un moment volé.

C’est là qu’intervient l’intérêt de l’application View de Facebook : elle permet de rassembler rapidement de courtes séquences, qui n’auraient guère de sens en soi, en une vidéo plus impressionnante à publier sur les réseaux sociaux. Il existe trois modèles prédéfinis et pour chacun d’eux, vous pouvez choisir le format 15 ou 30 secondes, carré ou vertical et ajouter un titre. Bien sûr, rien ne vous empêche d’enregistrer vos vidéos dans le rouleau de la caméra de votre smartphone et de créer votre propre histoire sur Instagram ou Facebook avec tous les outils les plus complets disponibles aujourd’hui.

Les considérations faites pour les photos s’appliquent également aux vidéos : la qualité se maintient tant que le contenu est visionné sur le smartphone, mais sur le bureau, les défauts ressortent clairement, surtout en basse lumière où la définition baisse sensiblement.

En revanche, la fonction “Flashback”, qui ajoute une troisième dimension aux photos en exploitant la carte de profondeur créée à l’aide de la deuxième caméra, laisse plutôt à désirer. Les trois effets disponibles dans l’application View entraînent souvent des artefacts dans le contour du sujet au premier plan par rapport à l’arrière-plan, ce qui rend le résultat final pas toujours réussi.

Qualité du son des Ray-Ban Stories

Les Ray-Ban Stories se connectent via Bluetooth à votre smartphone et peuvent être utilisées comme un casque pour les appels et l’écoute de musique, grâce aux petits haut-parleurs intégrés aux tempes, et le son est meilleur que ce que l’on peut attendre d’un dispositif de ce type. La qualité sonore des Ray-Ban Stories n’est honnêtement pas mauvaise. Elle est meilleure que celle des Bose Frames et des Amazon Echo Frames Gen 2. Elle n’est toujours pas comparable à celle d’une paire d’écouteurs traditionnels, mais elle n’a pas la chaleur et la richesse de la plupart des produits audio, et manque sérieusement de basses. Ce n’est pas quelque chose qui impressionnera qui que ce soit, mais c’est agréable à avoir. C’est quelque chose d’agréable à avoir à la plage à la place des oreillettes, mais qui ne remplacera pas vraiment vos oreillettes. Notez cependant que les Ray-Ban Stories font très bien ressortir le panoramique stéréo, que l’on perçoit presque mieux qu’avec une paire d’oreillettes, cela étant probablement dû à l’effet “spatial” procuré par le son diffusé dans les branches. Autre avantage de ce type de système, vous pouvez les utiliser à vélo pour écouter vos programmes favoris sans pour autant être coupés du monde, ce qui est largement préférable et recommandé et termes de sécurité.

Je me suis donc amusé à les porter régulièrement lors des mes banales activités quotidiennes afin d’accumuler assez de photos et vidéos pour réaliser de petits montages avec l’app View et diffuser aussi quelques images sur mon compte Instagram. Vous retrouverez toutes ces mini-productions ici sur mon compte Insta, que je vais compléter peu à peu dans les prochains jours, ce qui vous permettra de vous faire une idée de la qualité générale et du rendu des images.

En attendant, voici déjà 2 petits shoots :

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Eric Dupin 🔥✈️ (@edupin)

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Eric Dupin 🔥✈️ (@edupin)

Je pense que les lunettes connectées vont ouvrir de nouvelles possibilités en offrant un point de vue unique, inédit et plus spontané aux créateurs de contenus, et je ne serais pas surpris que Facebook ouvre prochainement un portail public de partage d’images faites avec les View, à moins qu’un éditeur indépendant s’y colle.

Rappelons qu’il s’agit d’un premier jet, et que Facebook et Ray-Ban ne sont pas seuls sur le marché des lunettes “intelligentes”. Les prochaines versions et évolutions, chez Meta ou chez la concurrence, devraient rapidement proposer des prestations bien plus complètes et évoluées.

En attendant, il y a déjà de quoi s’amuser un peu avec ce nouveau gadget, et j’aurais bien apprécié de les avoir sous la main (et surtout sur le nez) lorsque j’ai essayé une F1 ou fait des acrobaties en avion de chasse, en complément de la GoPro installée à bord. Les images subjectives montrant ce que je voyais (intérieur du cockpit et volant de la F1, autres chasseurs autour de nous dans le jet) auraient été dingues.

En fait, les Ray-Ban Stories vous serviront dans ces situations frustrantes ou vous dites “J’aurais bien fait une photo ou une vidéo mais je n’avais rien pour poser ou fixer mon téléphone”.

C’est déjà pas mal, non ?

3 réponses

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Hot daily news right into your inbox.